Full-Time Sofa

05/06/2015 - 07/07/2015

Full-Time Sofa compose un espace d’exposition en réunissant plusieurs entités distinctes par superposition : Deborah Bowmann, Around Function + Guest Schnell Records, Ailsa Cavers, Indiana, ZB AIDS et SDZ Records pendant soixante douze heures au sein de Treize.
Full-Time Sofa présuppose une compatibilité, une disposition d’esprit, rendue sensible par ses différents participants : des concessions préalables, des circonstances troubles, entendues comme un point de départ propices aux divagations.
Pas d’objets distincts mais un chevauchement, une combinaison de propositions déjà tiraillées par les activités plurielles du lieu, un arrangement possible à trouver entre exposition et Live machine envahissant, performance et dj set.
Un espace convertible suppose une insuffisance. Pour éviter qu’une gène s’installe et pour contrôler l’empiètement qui provoquera le désaccord, on dédouble l’espace, multiplie les usages : du canapé convertible, système Rapido pour pratiques quotidiennes, au lit d’appoint dans l’optique d’un gain de place dans un contexte économique restreint.
Le compromis et la contrainte deviennent matière. L’occasion de penser l’aspect pratique et fonctionnel d’un objet, son adaptation à intégrer dans sa production même. Lampes de bureau, peinture sur tapis, sculpture pliable, facilement transportable. Outils de communication libérés de leur usage, éditions non-libres de droit à télécharger gracieusement pour assumer ses références sans rien leur devoir.
L’exposition génère une succession d’événements pour assurer son existence. Pour éviter le déficit, en fixant la rétribution de la prestation à la hauteur des pertes. Pas de bénéfices souhaités mais une économie éphémère et à usage unique.
Une énergie à déployer pour y parvenir. Des manipulations épuisantes, branchements et raccords nécessaires toutes les douze heures. Une représentation cyclique, une peau de chagrin rétractable au risque d’une dissolution totale. S’épuiser à son propre service, se tirer une balle dans le pied et faire preuve d’endurance.
Soixante douze heures d’exposition construite sur une intensité variable qu’il faudra mesurer pour en accepter l’extinction. Une frustration favorable à l’élaboration d’un nouvel espace pour recycler ce qu’il en restera et le faire rebondir ailleurs.


 


Crédit photo : Raphael Fanelli