← Les films de Guillaume Dustan
(2000-2004)


MARDI 18 JUIN, 19 h 30, au Luminor Hotel de ville

Nietzsche (2002)
(62 min)

présenté par Thomas Clerc

Nietzsche, un journaliste feuj ancien rédac chef de BFM vient me voir pour un bouquin sur les gays et on parle, je suis assis au bureau de Tim.

Nietzsche, après Poubelle et Sorbelli, est le dernier film d'entretien de Dustan.
Il répond au journaliste Yves Derai, dans le cadre de la préparation de son livre Le gay pouvoir : Enquête sur la République bleu blanc rose, (2003). Le film lui permet d'enregistrer un flux de pensée politique, à la fois ancrée dans l'actualité (l'arrivée du PS à la Mairie de Paris, les suites du PACS, les élections de 2002...), et plus spécifiquement d'un point de vue intime et nietzschéen, « parce qu’on peut pas faire la révolution extérieure si on a pas fait la révolution intérieure. Et ça c’est la pensée finalement la plus profonde du 20ème siècle et du 21ème siècle : c'est que d’abord on réforme l’individu totalement, donc dandysme, masochisme et sadisme, libérations dans tous les sens, dérèglements dans tous les sens, tout ce qu’on veut, essais d’intoxications volontaires, la bohème, moi moi moi, Britney Spears. Et après, une fois que tout le monde sera sur ce modèle-là, on peut faire une société qui fonctionne, dans autre chose que la castration généralisée. »

Un an plus tôt, Dustan publie Génie Divin dans lequel il rédige notamment son « (programme) » politique et une série de courts essais dont le contenu s'articule à bien des égards avec ce film.

Dans les archives de Guillaume Dustan à l'IMEC nous étions tombés sur cette phrase qui nous permet de comprendre et d'accepter certaines manières non-linéaires et toujours mouvantes, celles de la langue orale, par lesquelles il déploie ses raisonnements : « je suis ainsi, et comme ci, et comme ça, sans contradiction. »