← Les films de Guillaume Dustan
(2000-2004)


DIMANCHE 30 JUIN, 19 h, au Centre Pompidou, Petite Salle

Poubelle (2002) + montre † lèvres (2004)
(62 min + 21 min)

présentés par Pierre Dulieu

Poubelle, je parle littérature avec Pierre Dulieu, de la revue belge écritures, il y a un numéro Dustan + engagement depuis, bref, en filmant la poubelle (à demi ouverte), puis on se roule dans les pétales de roses artificielles dans le salon de Tim et Philippe où je m’étais réfugié pour ne pas me suicider, c’est le cycle Tim et Philippe.
montre † lèvres, je filme un peu une performance de Christophe Chemin chez *****L à Paris où je retourne pour la première fois depuis le début de ma dépression où je ne sors vraiment presque plus ; à la fin, il y a un plan de La Bourette reflétée dans une sorte de miroir qui bouge, c’est assez terrifiant et Patrick Vidal, qu’on ne voit pas à l’image, passe (we can be) Heroes ( just for one day).


Poubelle est un film d’entretien. Sa première rencontre avec Pierre Dulieu.
« Ses livres sont discutables, son écriture aussi. Sûrement, sûrement, mais la discussion ce n’est pas moi qui la ferai, parce que ça ne m’intéresse pas, ce que je veux moi c’est vivre, mener mon affaire, devenir grand. Connaître le plus de ce que c’est, vivre, être en vie, aujourd’hui, avec les données d’aujourd’hui, et aussi avec les données de toujours, et qu’on a peut-être oubliées aujourd’hui, et mener son affaire, voilà tout. C’est ce que fait Dustan. Un courant. Les digues de la Littérature. Bien joué. On respire.
Nicolas Pages, Génie Divin, LXiR.
Et que ce soit dit aussi : je n’ai jamais trouvé Dustan vraiment narcissique. Même quand il n’en finit pas de se plaindre, dans (...), parce qu’on ne fait pas ce genre de livres sans rien payer, il y a le manque de reconnaissance, oui, il y a la haine des gens, la maladie, la paranoïa, oui, mais je crois qu’avant tout il y a d’avoir fait ces livres-là. On n’est pas le capteur d’une époque sans encaisser. Ce que je trouve narcissique, c’est la Littérature qui s’écoute faire de la Littérature, ce sont les écrivains qui jouent sérieusement aux vrais écrivains, après Beckett ce n’est pas sérieux, tout ça ne tient plus, tout ça manque de dignité. »
(Pierre Dulieu, extrait de « Guillaume Dustan », publié dans la revue Écritures, 2004)


montre † lèvres est le dernier film. Le seul de 2004, tourné à son retour de Douai. Il n’y a plus que des ombres, des pieds, et des halos de lumière.
« Moi je vois les goules..faut être sorcier ! Dans tous les trucs occultes ils le disent qu’être sorcier c’est dangereux, et ça se paye, et on peut mourir.. bah oui on peut mourir, parce qu’on est en proie à d’autres choses que des trucs tranquilles. Faut être dans un état crépusculaire. »
(GD, O Fantasma (Dustan lit et dit), 2004)