CINQ FILMS DE GUILLAUME DUSTAN

Après les cycles de Paris et de Marseille, puisque les temps nous donne du temps pour rattraper ce qu'on a raté, voici cinq films de Guillaume Dustan sous forme de deux séances consécutives de 10 jours. Enjoy !

Du 26 mars au 5 avril 2020 : film perdu, sans titre (2000) + Nous (love no end) (2000)
Du 6 avril au 16 avril 2020 : Pop life (2000) + Songs in the key of moi (2000) + Nietzsche (2002)

Le visionnage est en libre accès mais si vous voulez quand même participer aux droits de diffusion, c’est par ici


Programmes, textes, presse, etc :

Guillaume Dustan, filmographie, extrait de Premier essai, 2005

Programme du premier cycle de diffusion, juin 2019
Programme du second cycle de diffusion au Videodrome 2 à Marseille, février 2020

Guillaume Dustan, « What is Queer? », extrait de la revue e.m@le n°66, 18 février 1999
Extrait émission P.I.N.K., In bed with Guillaume Dustan, 2000
Guillaume Dustan, « (programme) » politique, extrait de Génie Divin, 2001
Guillaume Dustan, « À quoi ça sert les étoiles », « Le problème c'est la famille », « Hard »,
« Les sorcières », « Courbe, l'échine », « California dreamer » etc, extrait de Génie Divin, 2001

Guillaume Dustan, « j'ai eu un satori », extrait de Génie Divin, 2001
Guillaume Dustan, introduction de LXiR Ou Dédramatison La Vi Cotidièn, 2002
Guillaume Dustan, « 0801 La vie A2 (synopsis) », extrait de (...), 2002
Guillaume Dustan, « Eh ! c’est moi ! ta vie.. », extrait de (...), 2002
CD O fantasma, Dustan lit et dit, extrait de la revue Écritures « Danger, Dustan / Engagement », 2004

Pierre Dulieu, « Guillaume Dustan », extrait de la revue Écritures « Danger, Dustan / Engagement », 2004
Thomas Clerc, « Mon coeur est mort (pour Guillaume Dustan) », 2005
Paul B. Preciado, « Ta mort », « Vidéopénétration », extrait de Testo junkie, Grasset, 2008
Paul B.Preciado, « La vie éternelle », à propos de Enjoy, extrait de Testo Junkie, 2008
Lili Reynaud Dewar, « Mon Épidémie », 2015

« À la recherche du Dustan perdu » par Jeremy Piette, 29 mai 2019
« Nietzsche Superstar » par Geoffroy Dedenis, 19 juin 2019
« Que faire après l'orgie? » par Paul B. Preciado, 28 juin 2019
« Les films cachés de Guillaume Dustan » par Thibaut Wychowanok, 8 août 2019



Jusqu'au 16 avril 2020 : Pop life (2000) + Songs in the key of moi (2000) + Nietzsche (2002)


Pop life
2000, 19"

 

Pop life, je filme ma chambre avec de la musique adaptée.

Avec Songs in the key of moi, deux films d’appartement comme première étape vers « the politics of, oooooh, feeling good ! ».

« Parce qu’on ne peut pas faire la révolution extérieure si on n'a pas fait la révolution intérieure. Et ça c’est la pensée du 20° siècle, d’abord on réforme l’individu totalement, donc masochisme, dandysme et sadisme, libération dans tous les sens, dérèglement dans tous les sens, tout ce qu’on veut, essais d’intoxications volontaires, bohème, moi moi moi, Britney Spears et après une fois que tout le monde sera sur ce modèle-là, on peut faire une société qui fonctionne, dans autre chose que la castration généralisée. C’est tout. »
(G.D., Nietzsche, vidéo DV, 2002)




Songs in the key of moi
2000, 33"

 

Songs in the key of moi, plus ou moins la même chose, c’est un travail sur l’adolescence.

« Et encore? Les ondes. Ah oui, les ondes, très important. Les ondes, les capters. Les capters au niveau de la tête, au niveau de la bite, au niveau du cul… La télépathie. Maîtriser ses ondes. Fais un essai pour voir. Mets les capters au niveau de (cf ci-dessus), dans un bar, ou en boîte. Tu m’en diras des nouvelles. Les capters de signaux faibleus, aussi. En cas de panique (trop de signaux forts), mettre les capters au niveau des épaules. La tête est dégagée, ça va déjà mieux. La politique de Domine ! Aussi, les gens vont se dire tu maintenant… »
(G.D.,« Lonesome Cowboys (A Tribute To Andrew Warhola) », LXIR, Balland, Le Rayon, 2002)




Nietzsche
2002, 62"

 

Nietzsche, un journaliste feuj ancien rédac chef de BFM vient me voir pour un bouquin sur les gays et on parle, je suis assis au bureau de Tim.

Il répond au journaliste Yves Derai, dans le cadre de la préparation de son livre Le gay pouvoir : Enquête sur la République bleu blanc rose (2003). Le film lui permet d’enregistrer un flux de pensées politiques, à la fois ancrées dans l’actualité (l’arrivée du PS à la Mairie de Paris, les suites du PACS, les élections de 2002…), et plus spécifiquement d’un point de vue intime et nietzschéen.

La forme de l’entretien d’une heure, sans coupe, permet à Dustan de s’exprimer comme il n’aura jamais l’occasion de le faire ailleurs. Il revient notamment sur son conflit avec Act up, sur son rapport à la gauche et à la politique locale, sur le libéralisme philosophique et la notion d’individualisme.





Première séance : film perdu, sans titre (2000) + Nous (love no end) (2000)


Film perdu, sans titre
2000, 25"

 

[Film perdu, sans titre], j’ai perdu un film très bien où j’avais filmé Béatrice Cussol dans son atelier en train de peindre et où elle me montrait sa collection de chaussures.

Une journée, chez lui, il se branle, « un peu dans le détail », puis dans le funiculaire de Montmartre pour monter à l’atelier de Béatrice Cussol qui publiera Merci, son premier livre au Rayon quelques mois plus tard, puis en redescendant vers Pigalle, puis dans un club jusqu’à sa sortie au petit matin. « Fin d’arrêt interdit ».



Nous (love no end)
2000, 80"

 

Nous (love no end), un film d’amour avec Tristan à Genève.

Nous (love no end) est certainement le premier film de Dustan, il teste les possibilités du tourné-monté. On lui donne sa caméra, « ça n’enregistre que quand je presse », il la pose face à lui et danse nu sur Prince, tout de suite après, The greatest romance ever sold.

« Guillaume Dustan : Là je filme la porte, c’est pour montrer que c’est très joli. Normalement ça fait pleurer.
Journaliste P.I.N.K. : C’est conceptuel comme on dit ?
GD : Non c’est pas conceptuel, c’est pour montrer qu’on peut… bon la grosse influence c’est Duras, elle a aussi explosé le cinéma, elle a pas que bouleversé la littérature.
JP : Regardé dans une salle noire, ça serait un film chiant ou un film pas chiant ?
GD : Ça serait comme un film de Duras.
JP : Un film chiant.
GD : Ouais. Mais moi j’adore les films de Duras, et ça me fait pas chier. C’est le seul cinéma où tu peux dormir. Tu dors, tu te réveilles…
JP : C’est pas forcément bon signe.
GD : Si, c’est vachement bien parce que ça veut dire que t’es calme. Et c’est quand même assez rare. »
(P.I.N.K., In Bed With Guillaume Dustan, 2000)